artiste:Ernst Åkerbladh                        HIMMELSKIBET  (1918)
A 14 millions de lieues de la Terre, 400 Million Miles From Earth (1918), Der Himmelschiff, The Airship (1918), Fourteen Million Leagues From Earth- "A 14 millions de lieues de la Terre" (1918),  A Ship to Heaven, Heaven Ship (1918), Sky Ship (1918),  A Trip to Mars (1918)

Muet, noir&blanc, Danemark, Nordisk Films Kompagni, 85 mn
Réalisé par Forest Holger-Madsen
Scénario de Sophus Michaelis & Ole Olsen
Acteurs :
Neiiendam, Nicolai Professeur Planetaros, astronome
Tolnæs, Gunnar Avanti Planetaros, capitaine de marine
Petersen, Zanny Corona, soeur d'Avanti
Blütecher, Alf Dr. Krafft,  ami d'Avanti
Kornbeck, Svend David Daene, un américain
Bech, Philip Le sage dirigeant  martien
Jacobsson, Lilly Marya, fille du précédent
Jacobsen, Frederik Professeur Dubius
Cotta-Schønberg, Birger von Pilote de l'Excelsior
Mortensen, Harald un télégraphiste
Osmund, Alfred Prêtre martien
Asther, Nils Un citoyen martien


Himmelskibet (A 14 millions de lieues de la Terre) passe pour être le premier grand space opera de l'histoire du cinéma. Cette fois, il ne s'agit plus d'une bande de quelques minutes mais d'un vrai long-métrage de plus d'une heure trente contant le voyage dans l'espace d'un vaisseau, l'Excelsior, construit par le professeur Planetaros et dirigé par son fils, le capitaine Avanti Planetaros. Après pas mal de difficultés (causées, entre autre, par la lassitude de l'équipage, à deux doigts de se mutiner) et au bout de plusieurs mois, le vaisseau se pose sur Mars où vit un peuple pacifique, végétarien (ils ne boivent pas d'alcool) et haïssant la guerre. La fille du chef de ce peuple accepte de raccompagner les Terriens chez eux pour y délivrer un message de paix et apprendre aux hommes à s'aimer entre eux.
En fait, Himmelskibet est surtout un film pacifiste réalisé trois ans après le début de la Première Guerre mondiale, à un moment où nul ne pouvait dire quand ce conflit prendrait fin. La S.F. y sert seulement de prétexte à une fable aux intentions louables, ce qui n'est déjà pas si mal...
(Daniel Riche)

L'arrivée sur Mars  Nourriture martienne   Le Capitaine Avanti est reçu par les autorités martiennes

"...Holger-Madsen poursuivit son abondante production.  Son plus grand effort fut Himmelskibet (Le Vaisseau du ciel), titre français : A 14 millions de lieues de la Terre, qui fut sans doute la dernière très grande mise en scène danoise. Le critique français Lionel Landry, y voyant le souvenir des sagas, écrivait :
"Sauf que le Drakken des anciennes légendes devient un aéroplane qui traverse l'éther et que les grèves merveilleuses sont celles de la planète Mars où habitent des peuples doux et pacifistes, végétariens et antialcooliques, et de blondes Gretchen dont l'une retourne avec le héros à son foyer. La photographie est bonne. Il y a notamment un ogre extrêmement réussi."
Le producteur Ole Olsen avait participé à cette adaptation d'un roman de Sophus Michaelis qu'interprétaient Gunnar Tolnaes, Lily Jacobsson, Alf Blütecher et Zanny Petersen. Le film abondait en ingénieux truquages et en très beaux éclairages. Son clou était l'arrivée des passagers du vaisseau du ciel sur la planète Mars, où les accueillaient des sortes d'anges nègres sonnant de la trompette. Il y a dans la photographie et la mise en scène de cet épisode un sens aigu du grand spectacle et de la composition, qui n'est pas sans annoncer les efforts ultérieurs de Fritz Lang. Ole Olsen avait fait pour Himmelskibet un énorme effort. Les cachets des artistes dépassèrent cent mille couronnes. Mais le succès commercial ne répondit pas à cet effort. L'envol de ce Vaisseau du ciel coïncidait avec la mise en train du grand trust U.F.A. qui avait arraché à la Nordisk son circuit de cinémas allemands, base de sa puissance. Les beaux jours du cinéma danois se terminaient..."

Georges Sadoul - Histoire générale du Cinéma - tome 4 - 1952-1974 (p.438-440)

J'ai enfin pu voir ce film trés intéressant non seulement du point de vue martien mais de celui historique des débuts du cinéma SF. L'institut du film danois le propose en version restaurée en DVD. Himmelskibet
L'influence des feuilletons de Louis Feuillade se retrouve dans l'apparence des héros terriens, tout de cuir noir vétus .
 artiste:Sven Brasch Le Professeur Planetarios (Nicolai Neiiendam) Dr. Krafft (Alf Bluetecher)
Extraits YouTube:
http://www.youtube.com/watch?v=5BBCWeu7bjA&NR=1

http://www.youtube.com/watch?v=6EzkCU4_vnk&NR=1

 

The navy captain Avanti Planetaros is inspired by his astronomer-father to travel through outer space to reach other worlds. He becomes an aviator and, along with the young scientist Dr. Krafft, the driving force behind the construction of a space-ship. Despite oppostion from the mocking Professor Dubius, Planetaros gathers a crew of fearless men and takes off. During the long voyage, the crew becomes restless; a mutiny is narrowly avoided. Finally, they reach Mars and discover that the planet is inhabited by a people who have reached a higher stage of development, free of disease, sorrow, violence, covetousness, sexual urges, and the fear of death. Avanti falls in love with Marya, daughter of the Prince of Wisdom, the head of the Martians. Marya shares his feelings and decides to return with him in order to bring the wisdom of the Martians to the backward Earthlings.
This lavishly produced space-travel picture is something of a milesone in the science fiction genre. The contemporary fascination with aviation is evident: the space-ship has wings and a propeller, and the crew are clad in leather aviator outfits. While the druid-like Martians may seem unintentionally comic, the film's ideas of a utopian ideal world are quite fascinating from the viewpoint of cultural history. Ole Olsen was credited as co-author of the screenplay, and both he and the well-known writer Sophus Michaëlis hoped that the film would speak to the hearts of spectators and inspire them with "ideal sentiments", particularly pacificm. Contemporary Danish reviewers, however, mocked the earnest silliness of the film and unhesitatingly pointed out its many shortcomings in comparison to Birth of a Nation, which had its Copenhagen premiere one month after Himmelskibet.

© Mars & SF - Jacques Garin 1998-2011